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La chronique societe.com par Michel Besson

2 827 000 entreprises ne déposeront pas le bilan en 2009

 

Alors, pourquoi tourner le dos à l’entreprise en difficulté ?
Lorsqu’elle présente un mauvais bilan, l’entreprise voit ses scores s’effondrer auprès des organismes de cotation et des assureurs crédits. A partir de ce moment là, les fournisseurs, voire les clients s’escampent, et il faudra attendre qu’un bon bilan chasse l’autre pour qu’ils réapparaissent, après une mise en quarantaine de 18 mois. Elle entraînera parfois des tensions de trésorerie qui viendront dégrader encore davantage sa notation. Est-ce fondé ? N’est-ce pas se priver un peu vite de chiffre d’affaires ?


Les statistiques sur les défaillances d’entreprises ont de quoi effrayer. Selon Euler Hermes Sfac, les défaillances pourraient toucher 73 000 entreprises en 2009 soit une hausse de 25 % par rapport à 2008. Ces chiffres interpellent sur la politique de préventions des dépôts de bilan qu’une société doit s’imposer pour ne pas subir un taux d’impayés supérieur à la limite supportable. Mais quelle est cette limite ?
Le nombre alarmant d’entreprises condamnées à la défaillance est à pro-ratiser des 2,9 millions d’entreprises françaises, selon l’INSEE, soit 2,52 % !
Selon une étude d’Altarès et Deloitte, publiée le 17 mars 2009, « ce sont encore 28 sociétés ou groupes réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros qui ont fait l'objet d'une ouverture de procédure judiciaire en 2008 (contre 27 en 2007). »
Selon l’INSEE, qui ne résonne pas en chiffre d’affaires, les entreprises françaises de plus de 500 salariés sont au nombre de 1 828. Si on admet qu’elles réalisent plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires on peut en déduire que 1,53 % des entreprises de plus de 500 salariés ont déposé le bilan en 2008 ou que 1800 d’entre elles évoluent toujours in bonis.
Autrement dit, 2 827 000 entreprises ne déposeront pas le bilan en 2009 !
Les systèmes experts les plus connus qui traduisent la probabilité de défaillance d’une entreprise ont fait leur preuve mais chaque entreprise est un cas particulier. Aussi, en fonction de sa taille et de l’enjeu, chaque entreprise en difficulté doit faire l’objet d’une étude approfondie pour mesurer le risque réel de dépôt de bilan avant de sacrifier du chiffre d’affaires.
BEIC s’est appuyée sur sa propre base de données pour porter un autre regard sur l’entreprise en difficulté avec le partenariat de societe.com pour pointer les dépôts de bilan.

  • Sur 300 entreprises ayant fait l’objet d’une résiliation par une assurance crédit en 2006, 97,6 % sont toujours en activité aujourd’hui et sans procédure judiciaire. Sur ces entreprises, BEIC s’est prononcée favorablement à hauteur de 40% des encours demandés par ses clients (12 M€) ce qui est bien mais montre que l’on peut encore faire mieux.
  • Sur 600 entreprises présentant de sérieuses difficultés de trésorerie en 2006, 66 % sont toujours en activité aujourd’hui sans procédure judicaire.

Un pari sur l’avenir
La première performance des acteurs de la prévention du risque client est d’identifier les prémices des difficultés des entreprises et de prévenir le plus en amont possible ses créanciers et ses donneurs d’ordre. Pour ne pas subir un impayé, on peut en rester là.
La seconde performance, si l’on s’en donne les moyens par l’analyse approfondie, est de détecter, parmi ces entreprises, celles capables de résistance et qui ne défailliront pas.
Les dirigeants de l’entreprise en difficulté ne restent pas sans réagir. Ils adaptent leur stratégie commerciale, diminuent les charges, rationalisent les dépenses, réduisent les effectifs, résilient des contrats à perte ou à risque, apportent une plus grande attention au recouvrement de leurs créances, ferment les sites non rentables, partent à la conquête de nouveaux marchés, négocient avec les acteurs économiques pour restructurer leur dette, ou avec les fournisseurs pour obtenir des délais de paiement. Ils cherchent et trouvent des alternatives à leurs besoins de financement, ouvrent leur capital à des partenaires financiers ou industriels… Et pour parvenir à tout cela, font appel à des cabinets d’audit et ou à du management de transition.
Ainsi, de la même façon que l’on s’appuie sur des critères pour détecter les entreprises en difficultés, il existe un grand nombre de critères pour diagnostiquer l’entreprise en retournement. L’objectif est d’acquérir une certitude propice à la prise de décision et profitable au développement du chiffre d’affaires.

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